Fiche 3

Module 2

La surconsommation et la réutilisation

Sensibilisez les élèves aux enjeux liés à la surconsommation et au manque de réutilisation dans une perspective solidaire entre le Nord et le Sud.

Dans ce module

Fiche3/3 » Les conséquences de la réutilisation ou l'absence de celle-ci

Les conséquences de la réutilisation ou l’absence de celle-ci

Ce qui a changé depuis l’avènement de la société de consommation à la suite de la Deuxième Guerre mondiale est non seulement le rythme effréné auquel les populations des pays du Nord consomment, mais également le volume de déchets produits par cette surconsommation.

 

Loin des yeux, loin du cœur?

Une fois mis à la rue, les sacs de déchets de millions de foyers québécois sont par la suite transportés vers des sites d’enfouissement ou d’incinération à l’abri de nos regards et de nos narines. Là s’accumulent des emballages et des restes de table, mais également des déchets toxiques comme la peinture et les aérosols ou qui se décomposeront mal comme des objets en plastique, ou encore des vêtements ou des vélos qui auraient pu être réutilisés.

Une fois mises à la poubelle, ces objets ou ces matières ne vont pas tout simplement s’autodétruire. Les iPod, les ordinateurs et autres matériels électroniques pollueront les nappes phréatiques et détruiront les écosystèmes, ou bien ils dégageront de fortes vapeurs toxiques en étant incinérés. Nous sommes même rendus à parler de « nouveaux continents » qui apparaissent tellement la quantité de déchets flottants sur les océans ne cesse d’augmenter.1

 

 

De « nouveaux continents » de déchets

En 2010, les océanographes de la Sea Education Association annonçaient l’existence d’amas de déchets (bouteilles, fragments de plastique, etc.) sur l’océan Atlantique équivalant à un nouveau continent. Une telle accumulation avait aussi été découverte sur l’océan Pacifique en 1997. L’accumulation de déchets sur l’océan Atlantique occuperait une surface équivalant à six fois la taille de la France, soit 4 millions km2.

Pire encore, les conséquences les plus néfastes de notre surconsommation produisant des déchets à n’en plus finir sont souvent absorbées par les pays du Sud ou par des populations vulnérables et défavorisées. Les mêmes personnes qui, pour la plupart ne peuvent même pas se payer le luxe d’une telle surconsommation sont aux prises avec ses pires conséquences. De la production de ces objets jusqu’à leur élimination, ce sont la plupart du temps, les environnements et les populations marginalisées des pays du Sud qui ont à vivre avec les conséquences négatives au quotidien, qu’on pense… :

  • aux populations habitant les régions autour des mines d’où sont extraits les minéraux entrant dans la fabrication d’objets électroniques et où les compagnies font fi des protections environnementales et des citoyen(ne)s;
  • à tous les employé(e)s payés avec des salaires de misère et œuvrant dans des conditions de travail déplorables afin de vendre leurs produits à prix concurrentiel : par exemple, un petit producteur de café qui obtient habituellement entre 0,33 $ et 1,50 $ pour un kilogramme de café, alors que le café qui se retrouve dans les tasses des consommateur(rice)s vaut de 8 $ à 30 $ le kilogramme.14
  • à l’exportation de déchets vers des zones éloignées où on ne peut faire respecter des règles pour protéger l’environnement.

 

Valoriser la réutilisation 

En Amérique du Nord, des voix remettant en question nos habitudes de consommation et leurs conséquences commencent à se faire entendre. Qu’on pense à la vidéo L’histoire des choses, au mouvement pour la Journée sans achat, à l’évènement En ville sans ma voiture, à la Semaine québécoise de réduction des déchets ou à l’engouement pour l’économie du partage, le zéro déchet, la simplicité volontaire et la décroissance.

 

 

Simplicité volontaire

L’Office de la langue française du Québec définit la simplicité volontaire comme un « mode de vie consistant à réduire sa consommation de biens en vue de mener une vie davantage centrée sur des valeurs essentielles »

Pourtant, la réutilisation est un principe qui ne date pas d’hier… Que ce soit par choix, par obligation ou pour le simple plaisir de partager et de faire durer, la réutilisation a pris de multiples formes au fil du temps:

  • Les couvertures de courtepointes qui permettent de réutiliser divers morceaux de tissus provenant de vêtements usés.
  • Des blocs-notes faits à partir de papier imprimé d’un seul côté.
  • Louer ou emprunter plutôt que tout acheter. Par exemple, Communauto permet d’avoir accès à une voiture lorsque nécessaire en facilitant l’autopartage. La bibliothèque est un autre bon exemple.
  • Les bazars, les marchés aux puces et les friperies où on peut se rendre pour trouver des objets d’occasion.
  • L’écodesign et l’art de la récupération, utilisé en mode ou en décoration, par exemple.
  • La compagnie Ressac utilise des chambres à air de vélos recyclées pour confectionner des sacs à main et des accessoires durables.
  • Le groupe ENvironnement JEUnesse organise depuis quelques années le concours Je m’emBALle autrement qui invite les étudiant(e)s à concevoir eux-mêmes leur tenue de bal de fin d’études.
  • Les repair-café où on apporte nos objets brisés pour apprendre à les réparer.
  • Les bibliothèques d’outils comme La Remise.
  • Les frigos publics qui évitent le gaspillage alimentaire et permettent de partager la nourriture.
  • Les épiceries d’aliments en vrac, qui permettent d’apporter des contenants réutilisables et de les remplir.
  • Les échanges de vêtement qui permettent de renouveler sa garde-robe entre amis.
  • Les collectes de vélos usagés de Cyclo Nord-Sud et son Programme de don d’organes de vélo en collaboration avec des magasins de vélo qui fournissent des pièces, des accessoires et des outils permettant de prolonger la vie des vélos au Sud.

 

La réutilisation en action

D’une simplicité désarmante, la réutilisation valorise l’idée de donner une seconde vie, d’échanger, de partage, de prêter, de réparer, de faire durer… Bref, des gestes qui coûtent très peu et qui font appel à notre imagination. Même si la réutilisation a déjà une longue histoire, on peut aussi vouloir la mettre au goût du jour comme le font ces quelques maîtres réutilisateurs avec qui nous avons pu nous entretenir :

  • Jaime Rosenblüth de Bicycletterie J.R.
  • Jean-David Lacasse et Éric Bélanger, deux bénévoles chez Cyclo Nord-Sud Pour les entendre, visionner Des vélos à réutiliser

 

  1. Revue en ligne Le Monde, Un « continent » de déchets plastiques a été découvert dans l’Atlantique nord, 2010.

Source de la photo : Inter Pares